« esprit » vs « coeur »

Il n’est pas indifférent […] que Nadja intéresse l’esprit, et non pas le coeur, comme l’avoue Breton en 1952 : identifiant le climat de Nadja comme celui d’une « errance » en vue d’une quête de l’amour, il note avec lucidité que

l’héroïne de ce livre dispose de tous les moyens voulus, on peut vraiment dire qu’elle est faite pour centrer sur elle tout l’appétit de merveilleux. Et pourtant, toutes les séductions qu’elle exerce sur [lui] restent d’ordre intellectuel, ne se résolvent pas en amour. C’est une magicienne, dont tous les prestiges jetés dans la balance pèseront peu en regard de l’amour pur et simple qu’une femme comme celle qu’on voit passer à la fin du livre peut [lui] inspirer.

Il se peut, d’ailleurs, que les prestiges dont s’entoure Nadja constituent la revanche de l’esprit sur la défaite du coeur [OC III 516] »

Plaisir purement intellectuel – Breton omet déjà la nuit à l’hôtel du Prince de Galles -, Nadja est à observer presque ethnologiquement.

Atlande p.298