Le portrait de Madame Sacco est central
Ainsi, le portrait de Madame Sacco (p. 65) est central. Cette voyante, que Breton consulte à plusieurs reprises, aborde une expression figée et semble fixer le spectateur qui ne peut que ressentir un malaise face à cette troublante photographie. Le fait qu’il s’agisse d’une voyante accentue d’autant plus cette impression : elle est celle qui peut lire dans l’avenir (du spectateur ?) à l’aide d’un simple regard. Ce mysticisme se dégage aussi de la photographie de Blanche Derval (p. 40), la comédienne qui joue dans la pièce Les Détraquées à laquelle Breton va assister. La pâleur de son visage, l’aspect figé de son expression confère une sorte de mystère à ce portrait. Les femmes qui apparaissent avant Nadja préparent en fait son arrivée. Tout porte donc à croire que Breton dissémine des indices de cette entrée en scène à travers ces photographies. Mais les portraits ont aussi une autre fonction : ils peuvent, en effet, se lire comme des index qui accompagnent le texte. C’est le cas de la photographie du professeur Claude (p. 114). Le médecin y apparaît dans une posture classique, les bras croisés, lunettes sur le nez. Cependant, Breton nous invite, à travers le récit, à observer son front symbole d’une bêtise sociale sans précédent.
Reniers-Cossart, Natalie; Montefusco-Martin, Antona; STOCK, EMMANUELLE. Agrégation de Lettres 2026-2027. Littérature générale et comparée. Vertiges biographiques (textes et images) (p. 210). EDITION MARKETING. Édition du Kindle.