C’est un échec donc quant à la désaliénation de la femme… » (Xavière Gauthier)

« C’est un échec donc quant à la désaliénation de la femme que nous avions posée comme condition nécessaire à une sexualité révolutionnaire. Quant à toutes les formes de libido « généralisée », nous avons vu quel triste sort leur était réservé le plus souvent par les surréalistes. Comme pour l’ensemble de la société bourgeoise, les « perversions » sont le rebut, la maladie honteuse. Lorsqu’elles ont été parfois valorisées, c’était un simple essai d’effaroucher les « honnêtes gens », essai timide et d’autant plus inutile qu’il était purement verbal. A la limite, les surréalistes faisaient semblant de brandir comme une bombe cette horrible sexualité pour faire quelque scandale, mais ils reposaient bien vite le dangereux engin de peur qu’il n’éclate dans leurs propres mains. Le surréalisme dans ses oeuvres est bien souvent en porte à faux avec les déclarations qu’il avait faites : contradictions internes, espoir déçu, promesses non tenues et chances perdues. Le voile s’abaisse à nouveau, qui un moment avait été écarté et nous avait laissé entrevoir la couleur et la forme d’une révolution intégrale. »

Xavière Gauthier, Surréalisme et sexualité, p. 276