{"id":217,"date":"2026-04-30T12:31:38","date_gmt":"2026-04-30T10:31:38","guid":{"rendered":"https:\/\/agregation-lm.fr\/?p=217"},"modified":"2026-04-30T16:02:24","modified_gmt":"2026-04-30T14:02:24","slug":"lorenzaccio-societe-des-comediens-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/agregation-lm.fr\/index.php\/2026\/04\/30\/lorenzaccio-societe-des-comediens-francais\/","title":{"rendered":"Lorenzaccio (Soci\u00e9t\u00e9 des Com\u00e9diens Fran\u00e7ais) (1977)"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 910px;\" class=\"wp-video\"><video class=\"wp-video-shortcode\" id=\"video-217-1\" width=\"910\" height=\"683\" preload=\"metadata\" controls=\"controls\"><source type=\"video\/mp4\" src=\"https:\/\/agregation-lm.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Lorenzaccio-madelen.mp4?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/agregation-lm.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Lorenzaccio-madelen.mp4\">https:\/\/agregation-lm.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Lorenzaccio-madelen.mp4<\/a><\/video><\/div>\n<p>Lorenzaccio<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LORENZACCIO. Drame en cinq actes et en prose d\u2019Alfred de Musset (1810-1857), publi\u00e9 dans Un spectacle dans un fauteuil \u00e0 Paris \u00e0 la Librairie de la Revue des Deux Mondes en 1834; r\u00e9\u00e9dition dans le deuxi\u00e8me volume de Com\u00e9dies et Proverbes \u00e0 Paris chez Charpentier en\u00a01840. Jug\u00e9e trop dangereuse par la censure de Napol\u00e9on\u00a0III qui ne tol\u00e9rait pas le th\u00e8me du r\u00e9gicide et peu adapt\u00e9e \u00e0 la sc\u00e8ne, la pi\u00e8ce ne fut jou\u00e9e, avec de nombreuses coupures, que le\u00a03\u00a0d\u00e9cembre 1896 \u00e0 Paris au th\u00e9\u00e2tre de la Renaissance. Elle triompha alors avec Sarah Bernardt dans le r\u00f4le principal. Il faut cependant attendre\u00a01925 pour que la pi\u00e8ce soit repr\u00e9sent\u00e9e dans sa quasi-int\u00e9gralit\u00e9, et\u00a01927 pour que la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise l\u2019inscrive \u00e0 son r\u00e9pertoire, conservant quelques suppressions qui persisteront dans les mises en sc\u00e8ne ult\u00e9rieures (citons celle de Jean Vilar avec G\u00e9rard Philipe en\u00a01953).<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Florence, un soir: le duc Alexandre de M\u00e9dicis attend impatiemment, avec Lorenzo, son cousin et entremetteur, une jeune fille \u00ab\u00e0 moiti\u00e9 pay\u00e9e\u00bb. Dans la bourgeoisie et dans le peuple, on commente diversement le poids de la cour sur l\u2019\u00e9conomie de la ville; un des familiers d\u2019Alexandre, Salviati, outrage Louise Strozzi. Apr\u00e8s les adieux du marquis Cibo \u00e0 sa femme, le cardinal, fr\u00e8re de celui-ci, tente de temp\u00e9rer l\u2019indignation patriotique de la marquise. Le duc rabroue un envoy\u00e9 du pape qui r\u00e9clame plus de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 envers les r\u00e9publicains, et un ch\u00e2timent pour l\u2019impie Lorenzo, lequel s\u2019\u00e9vanouit devant une \u00e9p\u00e9e. Les fid\u00e8les d\u2019Alexandre affichent leur insolence. Catherine, la tante de Lorenzo, essaie de r\u00e9conforter la m\u00e8re de ce dernier, Marie Soderini (Acte\u00a0I).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les conseils de son p\u00e8re, Pierre Strozzi d\u00e9cide de venger l\u2019honneur de sa s\u0153ur Louise. Lorenzo raille Tebaldeo, jeune peintre \u00e9pris de son art et de sa patrie, et le cardinal Cibo tente de se servir de la marquise, pr\u00eate \u00e0 succomber au duc. D\u2019abord \u00e9mu par sa m\u00e8re, Lorenzo affirme son engagement r\u00e9publicain, mais Alexandre vient lui rappeler qu\u2019il convoite d\u00e9sormais Catherine. Au palais Strozzi, Philippe s\u2019inqui\u00e8te. Le duc pose pour Tebaldeo en plaisantant avec Lorenzo; sa cotte de mailles a disparu. Arrive Salviati, gri\u00e8vement bless\u00e9, qui demande la t\u00eate de ses assaillants, Pierre et Thomas Strozzi (Acte\u00a0II).<\/p>\n<p>Lorenzo s\u2019exerce avec son ma\u00eetre d\u2019armes pendant que Philippe Strozzi se laisse convaincre par son fils Pierre de passer \u00e0 l\u2019action; mais Pierre est arr\u00eat\u00e9. Lorenzo promet son aide et conseille la prudence. La marquise, d\u2019abord importun\u00e9e par le cardinal, tente d\u2019infl\u00e9chir la politique du duc, d\u00e9finitivement agac\u00e9 par son patriotisme sentimental. Lors d\u2019un souper de r\u00e9publicains, Louise meurt empoisonn\u00e9e (Acte\u00a0III).<br \/>\nLorenzo promet au duc un rendez-vous avec Catherine pour le soir m\u00eame dans sa propre chambre. La marquise refuse de servir les ambitions du cardinal et, menac\u00e9e par lui, avoue sa faute \u00e0 son mari. M\u00e9ditation de Lorenzo et d\u00e9sespoir de Philippe Strozzi qui renonce \u00e0 agir contre le tyran. Lorenzo pr\u00e9vient les r\u00e9publicains, incr\u00e9dules, qu\u2019il tuera Alexandre. Pierre Strozzi d\u00e9cide de s\u2019en remettre au roi de France tandis que Lorenzo songe aux derniers pr\u00e9paratifs et r\u00e9p\u00e8te la sc\u00e8ne du meurtre. Malgr\u00e9 les mises en garde, le duc se rend dans la chambre de Lorenzo o\u00f9 celui-ci l\u2019assassine (Acte\u00a0IV).<\/p>\n<p>Sous l\u2019influence du cardinal, on choisit un nouveau duc, C\u00f4me de M\u00e9dicis. \u00c0 Venise, Philippe f\u00e9licite Lorenzo dont on apprend bient\u00f4t que la t\u00eate est mise \u00e0 prix. \u00c0 Florence, rien ne bouge et Lorenzo se laisse assassiner. C\u00f4me de M\u00e9dicis prononce son discours d\u2019intronisation (Acte\u00a0V).<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Ni le titre de l\u2019\u0153uvre, qui met en valeur le personnage principal, ni les nombreuses coupures des sc\u00e8nes de rue lors des repr\u00e9sentations, ne doivent tromper: Lorenzaccio est bien un drame romantique dans toute son ampleur, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019histoire d\u2019une conscience tourment\u00e9e au sein d\u2019un univers historique pr\u00e9cis et foisonnant. Une \u0153uvre qui est aussi probablement, m\u00eame si elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crite directement pour la sc\u00e8ne (l\u2019\u00e9chec retentissant de la Nuit v\u00e9nitienne en\u00a01830 avait d\u00e9tourn\u00e9 Musset de celle-ci), le meilleur drame romantique. Sa r\u00e9ussite tient d\u2019abord \u00e0 la haute tenue d\u2019une langue \u00e0 la fois diversifi\u00e9e (selon les personnages) et unifi\u00e9e (par sa nature rh\u00e9torique). Inscrite dans de nombreux r\u00e9seaux m\u00e9taphoriques, l\u2019image, longue p\u00e9riode po\u00e9tique ou formule-choc expressive, surgit dans un jaillissement continu, concourant \u00e0 une harmonie que l\u2019on retrouve par exemple dans l\u2019alliance, chez Lorenzo, entre l\u2019exaltation du moi et une ironie aigu\u00eb, vive et d\u00e9sinvolte. Avec son d\u00e9ploiement de formules brillantes, le langage parvient en outre \u00e0 s\u2019accorder aux exigences d\u2019un dramaturge qui utilise avec aisance la vari\u00e9t\u00e9 et l\u2019alternance, aussi bien pour les d\u00e9cors que pour la tonalit\u00e9 des sc\u00e8nes ou des r\u00e9pliques. Le drame est donc constamment soutenu par le double \u00e9lan d\u2019une langue et d\u2019un rythme qui l\u2019emportent avec brio vers son d\u00e9nouement.<\/p>\n<p>Tout, dans Lorenzaccio, renvoie au substrat historique: la structure qui enserre l\u2019intrigue entre des sc\u00e8nes d\u2019ext\u00e9rieur, comme les multiples petites touches constitu\u00e9es par les propos des marchands ou des \u00e9coliers, des bourgeois ou des nobles dames, des proscrits ou des courtisans. Si, pour composer les quelques sc\u00e8nes historiques d\u2019Une conjuration en\u00a01537, George Sand s\u2019\u00e9tait fortement inspir\u00e9e des Chroniques de Varchi (1502-1562), historien sans complaisance de la Florence de\u00a01527 \u00e0\u00a01538, Musset, qui exploite le manuscrit de son amie, donne plus de vigueur encore \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique.<\/p>\n<p>Cependant, outre ses soubresauts qui t\u00e9moignent d\u2019une recherche de la libert\u00e9 politique, la Renaissance italienne fournit \u00e9galement \u00e0 l\u2019auteur un univers satur\u00e9 d\u2019art, repr\u00e9sent\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre par le jeune peintre Tebaldeo Freccia. C\u2019est qu\u2019apr\u00e8s\u00a01830, Musset se d\u00e9tourne des d\u00e9bats politiques pour approfondir ses m\u00e9ditations esth\u00e9tiques. D\u2019o\u00f9 le discr\u00e9dit du discours politique: les insurg\u00e9s des Trois Glorieuses ressemblaient-ils aux r\u00e9publicains de\u00a01537? Musset se montre probablement aussi s\u00e9v\u00e8re envers les premiers que Varchi l\u2019\u00e9tait envers les derniers.<\/p>\n<p>Plus admirable encore que l\u2019\u00e2ge d\u2019or italien, l\u2019Antiquit\u00e9 appara\u00eet comme un mod\u00e8le: \u00abJe suis tr\u00e8s fort sur l\u2019histoire romaine\u00bb, dit Lorenzo (II,\u00a04), et de citer Brutus dont il r\u00e9clame l\u2019histoire \u00e0 sa tante Catherine. La confusion entre les deux Brutus, dont on ne sait si elle est volontaire, est riche de symboles: le mod\u00e8le de Lorenzo est \u00e0 la fois le meurtrier de C\u00e9sar, et le h\u00e9ros r\u00e9publicain qui renversa Tarquin le Superbe pour venger le viol de sa s\u0153ur Lucr\u00e8ce. Catherine est ici la nouvelle Lucr\u00e8ce que son parent veut prot\u00e9ger ou venger et, comme Brutus (qui avait simul\u00e9 la folie pour mieux approcher sa victime), Lorenzo joue aupr\u00e8s du tyran un double jeu. Le mod\u00e8le persiste tout au long de la pi\u00e8ce et, d\u2019une certaine fa\u00e7on, Lorenzo aura r\u00e9ussi \u00e0 le rejoindre: \u00abLaisse-moi t\u2019appeler Brutus\u00bb, lui dit en effet Philippe \u00e0 Venise (V,\u00a02). Est-ce \u00e0 dire que l\u2019h\u00e9ro\u00efsme existe?<\/p>\n<p>Lorenzo est, semble-t-il, plus proche de l\u2019anti-h\u00e9ros du\u00a0XXe si\u00e8cle que du h\u00e9ros romantique, celui de Hugo (voir Hernani ou Ruy Blas) ou m\u00eame celui de Vigny (voir Chatterton), avec qui il partage cependant une solitude confront\u00e9e \u00e0 un monde cynique. Il ne pr\u00e9tend d\u2019ailleurs pas \u00e0 un h\u00e9ro\u00efsme qu\u2019il n\u2019observe pas chez les r\u00e9publicains, dont l\u2019id\u00e9alisme s\u2019accorde avec un optimisme passif. Philippe Strozzi lui-m\u00eame, haute figure morale d\u2019humaniste respect\u00e9, devient un personnage path\u00e9tique, un vieillard bris\u00e9 qui s\u2019effraie de tout: \u00abTu me fais horreur\u00bb (III,\u00a03), dit-il \u00e0 Lorenzo. Pierre Strozzi n\u2019a pas davantage une stature de h\u00e9ros quand, par ambition, il fr\u00f4le la tra\u00eetrise en envisageant l\u2019aide du roi de France. Et, dans le camp du pouvoir, le cardinal incarne le machiav\u00e9lisme d\u2019un manipulateur de haute vol\u00e9e, tandis qu\u2019Alexandre n\u2019est que le pion, lucide mais consentant, jou\u00e9 sur l\u2019\u00e9chiquier mondial par le pape, alli\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur.<\/p>\n<p>Les bourgeois, eux, sont divis\u00e9s et les badauds commentent toujours, mais sotto voce car la pr\u00e9sence des gardes allemands est redoutable; il est r\u00e9v\u00e9lateur que l\u2019auteur ait supprim\u00e9 une sc\u00e8ne dans laquelle un jeune \u00e9tudiant se faisait poignarder par un soldat allemand au nom de la libert\u00e9. Il n\u2019y aura d\u00e9cid\u00e9ment aucun h\u00e9ros.<br \/>\nLa passion de la libert\u00e9 existe bien cependant: chez la belle marquise Cibo en particulier. Or celle-ci abandonne au duc sa vertu; renoncement d\u00e9risoire puisque son amant se lasse de ses envol\u00e9es indign\u00e9es. On comprend bien alors que, pour Lorenzo, la politique soit pure vanit\u00e9. Le meurtre d\u2019Alexandre permettra seulement de rappeler une vertu personnelle, \u00e0 laquelle du reste il ne croit plus.<\/p>\n<p>Car ici, comme dans bien des \u0153uvres de Musset, o\u00f9 se profile la m\u00eame r\u00e9flexion sur le libertinage, la vertu n\u2019existe plus ou, si elle se pr\u00e9sente, elle appelle toujours la souillure. La pi\u00e8ce commence par un \u00e9loge de la d\u00e9pravation (sc\u00e8ne particuli\u00e8rement travaill\u00e9e dans les manuscrits). Le d\u00e9bauch\u00e9 se pla\u00eet \u00e0 profaner: ainsi le duc convoite-t-il la marquise, ardente r\u00e9publicaine, puis la chaste Catherine. La jeune fille est toujours sacrifi\u00e9e, dans sa vertu ou dans sa vie. Florence est en outre la ville o\u00f9 l\u2019on a pris coutume de prostituer les filles, et si Tebaldeo, le jeune peintre, d\u00e9clare fi\u00e8rement: \u00abJ\u2019aime ma m\u00e8re Florence\u00bb, Lorenzo r\u00e9torque: \u00abTa m\u00e8re n\u2019est qu\u2019une catin\u00bb (II,\u00a02). Il semble que la cit\u00e9 soit donc un grand corps fantasm\u00e9, celui d\u2019une Lucr\u00e8ce dont Lorenzo se veut le Brutus vengeur mais sans illusion\u00a0\u2014 \u00abElle s\u2019est donn\u00e9 le plaisir du p\u00e9ch\u00e9 et ma gloire du tr\u00e9pas\u00bb (II,\u00a04)\u00a0\u2014 et celui d\u2019une m\u00e8re \u00e0 d\u00e9shonorer.<\/p>\n<p>Autre versant de l\u2019impuret\u00e9, le compagnonnage de vices d\u2019Alexandre et de Lorenzo, relation marqu\u00e9e par une ind\u00e9finissable ambigu\u00eft\u00e9 (peut-\u00eatre est-ce une des raisons qui ont retard\u00e9 la repr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce, avec l\u2019anticl\u00e9ricalisme li\u00e9 au personnage du cardinal Cibo). \u00c9trange aveuglement que celui d\u2019Alexandre qui prot\u00e8ge son ami, rit de ses farces (la mutilation des statues \u00e0 Rome), le croit, malgr\u00e9 les avertissements, sujet \u00e0 s\u2019\u00e9vanouir devant une \u00e9p\u00e9e et raille les mises en garde pour aller en toute confiance se faire assassiner. Amiti\u00e9 amoureuse avec ce chapelet d\u2019appellations d\u00e9pr\u00e9ciatives et affectueuses, \u00abRenzo\u00bb, \u00abRenzino\u00bb, \u00abLorenzetto\u00bb et ce \u00abmignon\u00bb, si fr\u00e9quent, aux connotations \u00e9quivoques. En convoitant Catherine, le duc vise \u00e0 \u00abtoucher\u00bb Lorenzo. Mais \u00e0 ce jeu cruel, il perd. \u00abC\u2019est toi, Renzo?\u00bb dit-il, poignard\u00e9. Au monde qui l\u2019a vou\u00e9 \u00e0 une monstruosit\u00e9 qu\u2019il assume, Alexandre n\u2019oppose que cette confiance proche de l\u2019amour.<\/p>\n<p>Lorenzo incarne l\u2019impossible puret\u00e9; il ne redeviendra plus jamais le pur adolescent qu\u2019il \u00e9tait (th\u00e8me autobiographique r\u00e9current), et un geste \u00abth\u00e9\u00e2tral\u00bb ne r\u00e9soudra rien; \u00abSonges-tu que ce meurtre, c\u2019est tout ce qui me reste de ma vertu?\u00bb, dit Lorenzo \u00e0 Philippe. Le doute absolu de Lorenzo en fait un nouvel Hamlet: avec cette com\u00e9die jou\u00e9e au tyran, ou cette l\u00e9g\u00e8re folie d\u2019un des monologues (IV,\u00a09); avec, \u00e9galement, toutes ces interrogations: comment faire pour qu\u2019un acte ait du poids et marque son temps? \u00abIl faut que le monde sache un peu qui je suis et qui il est\u00bb (III,\u00a03). Comment faire pour \u00eatre un homme? et comment faire pour ne pas \u00eatre le diable? \u00abSuis-je un Satan?\u00bb, demande Lorenzo indign\u00e9 et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 (III,\u00a03). Personnage double \u00e0 cause de son jeu avec Alexandre, \u00e0 cause de son pass\u00e9 et de son pr\u00e9sent, personnage myst\u00e9rieux qui ne se d\u00e9voile que progressivement (une des grandes r\u00e9ussites de la pi\u00e8ce), ange et d\u00e9mon, ange d\u00e9chu dont le corps est jet\u00e9 dans la lagune, Lorenzo est aussi celui qui sait, et qui donc a perdu l\u2019id\u00e9al: \u00abJe me suis r\u00e9veill\u00e9 de mes r\u00eaves\u00bb (II,\u00a03), et c\u2019est pourquoi il est \u00e0 la fois Hamlet, Faust et Brutus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>F.\u00a0COURT-PEREZ<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. \u00ab\u00a0Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.\u00a0\u00bb \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorenzaccio &nbsp; LORENZACCIO. 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